Les agences qui font de la réalité virtuelle sont nombreuses. Celles qui participent à des projets de recherche nationaux le sont beaucoup moins. Quand le consortium du projet RENFORCEa cherché un partenaire capable de traduire des exigences scientifiques en expériences immersives concrètes, notre double culture d'ingénierie et de génie sensoriel a fait la différence.

RENFORCE, c'est quoi ?

RENFORCE (ANR-22-CE38-0008) est un projet de recherche financé par l'Agence Nationale de la Recherche, coordonné par le LIRIS (CNRS) et mené avec des équipes de Centrale Lyonet de l'ENISE, avec le soutien du pôle de compétitivité Minalogic. Son objet : un environnement immersif multisensoriel réflexif pour la formation au risque chimique. Trois questions structurent le travail :

  • Le multisensoriel: comment des stimuli combinés (vue, toucher, chaleur, son) renforcent l'engagement et l'incarnation de l'apprenant en situation de formation.
  • La réflexivité: comment la visualisation des données comportementales et psychophysiologiques captées pendant la session aide l'apprenant à comprendre et améliorer sa propre pratique.
  • Le terrain : intégrer ces résultats dans des prototypes de formation au risque chimique, évalués en conditions réelles.

Ce qu'AYR y a apporté

Notre rôle : transformer des protocoles de recherche en expériences immersives fonctionnelles. Quatre chantiers principaux :

  • Avatars et cinématique inverse: équiper les avatars d'un rigging piloté par cinématique inverse, pour que les mouvements du corps réel se traduisent fidèlement dans le virtuel. L'incarnation commence là.
  • Simulation de fluides : développer des techniques de simulation avancées, indispensables quand on forme à la manipulation de produits chimiques.
  • Expertise casques XR : conseiller le consortium sur les matériels et les interfaces immersives, leurs capacités réelles et leurs limites.
  • Interaction naturelle: travailler le hand tracking pour que la main reste l'outil premier de l'interaction, comme dans le réel.

La question qui nous occupe : liberté du geste ou retour du toucher ?

Le hand tracking libère les mains : plus de manette, on saisit, on visse, on verse comme dans la vraie vie. Mais il prive du retour haptique : la main traverse l'objet sans le sentir. Les contrôleurs, eux, vibrent et résistent, mais contraignent le geste. Toute la recherche actuelle sur l'interaction immersive tient dans cette tension : comment concilier liberté d'interaction et retour haptique pour vivre pleinement le monde numérique ? C'est une question de perception humaine avant d'être une question de technologie.

La recherche nous apprend à mesurer ce que les utilisateurs vivent réellement, pas ce qu'on espère qu'ils vivent.
JONATHAN PASCAL, FONDATEUR AYR

Pourquoi une agence s'implique dans la recherche

Ce n'est pas notre premier contact avec le monde scientifique : en 2021, Jonathan Pascal cosignait une publication présentée à l'ACM IMX (workshop SensoryX) sur la perception de la température en réalité virtuelle, quand les indices tactiles et visuels se croisent. Le fil rouge est le même : comprendre le fonctionnement de l'humain et l'impact de chaque sens sur l'expérience vécue.

Ce que la recherche nous donne, nos clients le retrouvent dans chaque projet : des protocoles d'évaluation plutôt que des impressions, des données comportementales plutôt que des intuitions, et une exigence de preuve. C'est cette rigueur qui irrigue le simulateur de rééducation de La Canopée, nos dispositifs d'immersive learning industriels, et nos jumeaux 3D.